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L'entretien VESTIAIRES - Bruno MARTINI : "Gardien, le poste le plus exposé du football..."

Numéro 1, numéro 2… Doit-on établir une hiérarchie entre les gardiens ou les mettre en concurrence match après match ? Faut-il leur proposer le même contenu d'entraînement ? Doivent-ils afficher le même profil technique et/ou psychologique… ? Voici quelques éléments de réponse et de réflexion avec Bruno Martini, formateur à la DTN dans le cadre du certificat d'entraîneur spécifique des gardiens. (par Julien Gourbeyre)


Bruno Martini a créé le diplome spécifique à l'entraînement des gardiens.
Bruno Martini a créé le diplome spécifique à l'entraînement des gardiens.
M. Martini, est-il vraiment nécessaire selon vous d’établir une hiérarchie entre les gardiens d'une même catégorie ? Et si oui, pourquoi ?
Avant de répondre, il convient d’abord de repréciser la spécificité du rôle. Nous parlons là du poste le plus exposé en football. Un poste où tout se voit, et où "tout se paie cash" comme on dit. La responsabilité qui pèse sur le gardien de but est sans commune mesure avec les autres joueurs de l’équipe. D'où la nécessité d'avoir une approche un peu différente avec les gardiens, et qui vise notamment à les préserver mentalement. Aussi, l’établissement d’une hiérarchie claire et bien définie va développer la confiance des individus concernés, mais également renforcer leur concentration en les mettant à l’abri de pensées parasites du type "à la première faute de main, je perds ma place".

Il faut donc, dès le départ, nommer explicitement un numéro un et un numéro deux…
Oui, car la connaissance et la reconnaissance de l’ordre établi est très bénéfique pour les gardiens. A condition, bien sûr, que les gardiens acceptent leur situation d’une part et, d’autre part, que les entraîneurs ne se figent pas dans une posture définitive. La place de titulaire n’est pas acquise définitivement. S’il y a une défaillance du numéro un dans l’investissement personnel par exemple, on doit être en mesure de lui "faire sentir le vent du boulet".

L'établissement d'une hiérarchie n'est-elle pas garante, par ailleurs, d'une certaine stabilité qui demeure importante à ce poste ?
Cela favorise en effet des automatismes avec les coéquipiers. Le gardien fait partie de l’épine dorsale de l’équipe autour de laquelle cette dernière se construit. Dans une logique d’optimisation de la performance collective, il est préférable que le titulaire au poste soit clairement identifié et stable, et ce, notamment pour les défenseurs qui sont les plus proches de lui sur le terrain.

"Mettre le gardien à l’abri de pensées parasites du type "à la première faute de main, je perds ma place !".

M. Martini, est-il vraiment nécessaire selon vous d’établir une hiérarchie entre les gardiens d'une même catégorie ? Et si oui, pourquoi ?
Avant de répondre, il convient d’abord de repréciser la spécificité du rôle. Nous parlons là du poste le plus exposé en football. Un poste où tout se voit, et où "tout se paie cash" comme on dit. La responsabilité qui pèse sur le gardien de but est sans commune mesure avec les autres joueurs de l’équipe. D'où la nécessité d'avoir une approche un peu différente avec les gardiens, et qui vise notamment à les préserver mentalement. Aussi, l’établissement d’une hiérarchie claire et bien définie va développer la confiance des individus concernés, mais également renforcer leur concentration en les mettant à l’abri de pensées parasites du type "à la première faute de main, je perds ma place".

Il faut donc, dès le départ, nommer explicitement un numéro un et un numéro deux…
Oui, car la connaissance et la reconnaissance de l’ordre établi est très bénéfique pour les gardiens. A condition, bien sûr, que les gardiens acceptent leur situation d’une part et, d’autre part, que les entraîneurs ne se figent pas dans une posture définitive. La place de titulaire n’est pas acquise définitivement. S’il y a une défaillance du numéro un dans l’investissement personnel par exemple, on doit être en mesure de lui "faire sentir le vent du boulet".

L'établissement d'une hiérarchie n'est-elle pas garante, par ailleurs, d'une certaine stabilité qui demeure importante à ce poste ?
Cela favorise en effet des automatismes avec les coéquipiers. Le gardien fait partie de l’épine dorsale de l’équipe autour de laquelle cette dernière se construit. Dans une logique d’optimisation de la performance collective, il est préférable que le titulaire au poste soit clairement identifié et stable, et ce, notamment pour les défenseurs qui sont les plus proches de lui sur le terrain.

La cohabitation des gardiens, une réalité bien vécue à Saint-Etienne cette saison entre Janot et Ruffier... pourtant deux tempéraments chauds !
La cohabitation des gardiens, une réalité bien vécue à Saint-Etienne cette saison entre Janot et Ruffier... pourtant deux tempéraments chauds !
Un exemple ?
Par rapport aux échéances de matchs à venir, où l’on doit préserver le potentiel athlétique du numéro un. Ou parfois en fonction de l’âge, mais c’est du simple bon sens : on ne va pas toujours demander la même charge de travail à un "gosse de 18 ans" et à un gardien de presque 40. Au final, il s’agit de prendre en compte les spécificités, sans que ce soit une affaire de statut de numéro un ou de numéro deux. Il en va de la crédibilité de l’entraîneur des gardiens.

En matière de recrutement maintenant, doit-on se pencher sur les mêmes qualités selon que l’on recherche un numéro un ou un numéro deux ?
Sans vouloir donner de recette toute faite, on peut quand même dégager des tendances logiques. Le recrutement d’un numéro 1 implique que le gardien en question soit performant immédiatement. Aussi, on va plutôt chercher des gardiens ayant une bonne connaissance du niveau de pratique, voire du niveau supérieur. Le recrutement d’une doublure peut être conduit sur les bases différentes dans la mesure où l’on accepte l’idée que ce gardien peut arriver à maturité un peu plus tard… Mais là encore, la réponse demeure très ouverte, chaque cas devant s’appréhender très différemment.

propos recueillis par J.G.

L'entretien VESTIAIRES - Bruno MARTINI : "Gardien, le poste le plus exposé du football..."
BRUNO MARTINI
Né le 25 janvier 1962 à Nevers
Parcours
Joueur : Nevers (1979-81), Auxerre (1981-83), Nancy (1983-85), Auxerre (1985-95), Montpellier (1995-99)
Palmarès : coupe de France en 1994, champion d'Europe espoir en 1988, demi-finaliste de l'Euro 96, de la coupe UEFA 1993.
International : 31 sélections
Entraîneur : équipe de France, adjoint (depuis 1999).
Samedi 29 Octobre 2011


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